Wii U – Les erreurs à ne pas reproduire

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Wii U

Dans quelques mois, Nintendo sortira la remplaçante de la Wii intitulée étrangement Wii U. Présentée à l’E3 2011 dans une conférence brouillonne, Nintendo a rectifié le tir avec cet E3 en précisant certains points. Seulement, quelles sont les leçons à tirer de la Wii ? Quels sont les pièges à éviter ? Derrière cette affirmation sévère se cache 6 points sur lesquels la Wii U ne devra pas faire défaut.

1- Un marketing unique

En 2006, la Wii s’était clairement positionnée comme un projet novateur en proposant une technologie particulière via un gameplay innovant au détriment de graphismes HD à couper le souffle. Un parti pris osé qui s’est révélé payant, si l’on constate l’énorme succès commercial de la Wii avec ses plus de 90 millions de consoles vendues. Voulant proposer un concept, pouvant plaire aux novices et autres joueurs occasionnels, Nintendo s’est fatalement tourné de ses fans de la première heure adeptes des grandes œuvres du Cube et la Nintendo 64, ainsi que des joueurs férus de FPS, simulation automobile et autres.

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Le marketing voulu par Nintendo s’est déroulé à merveille, puisque la Wii a su s’imposer dans beaucoup de foyers tout en démocratisant le jeu vidéo. Mais à force de jouer sur un seul tableau durant 3 ans, Nintendo s’est rendu compte qu’il perdait en efficacité en proposant une console achetée sur un coup de tête et rangée dans le placard par un coup de pied. Non là c’est exagéré. La Wii durant ces 6 années a proposé de petites perles que nous verrons dans un dossier spécial d’ici quelques temps.

La XBOX 360 a, je trouve, très bien su mettre en pratique le marketing binaire en tablant à la fois sur les grosses licences de guerre que sont Halo, Gear Of War, mais aussi sur les capacités de Kinect avec des jeux plus familiaux. D’ailleurs la distinction des jaquettes, est à mon humble avis, une brillante idée. Les gamers savent qu’en farfouillant dans les bacs de boitiers verts, ils ne trouveront pas de Kinect, et vice-versa pour les adeptes du Kinect avec les boitiers violets(immondes).

Dans les rayons consacrés à la Wii, le souci était qu’on s’y perdait aisément. Entourés de jaquettes blanches, on n’y repérait que difficilement les titres casual et autres. Seule la jaquette rouge de New Super Mario Bros Wii est identifiable et celle noire de Pandoras Tower. C’est aussi le cas de la publicité qui mettait en avant les licences fortes de Nintendo et les jeux casuals du type Wii Fit, Wii Sports et consort. Finalement, les petites perles distillées ici et là dans la vie de la Wii ont été englouties par des jeux « bankables » et pas forcément de grandes envergures.

De ce fait les éditeurs, comprenant que la Wii serait une mine d’or, se sont engouffrés dans la brèche préférant concevoir des party-games sans intérêt que des jeux élaborés.

2 – Des genres trop peu présents

Le genre de prédilection de la Wii est sans conteste les party-games et jeux de sports utilisant comme seul argument la wii-mote. Si l’on s’éloigne de ces sentiers battus, on remarque un véritable néant en matière de jeux de combat, de course, de FPS et de jeux d’action.

Seul digne représentant du jeu de FPS et qui n’en est pas vraiment un : Metroid Prime 3 : Corruption. Après nous avons le bon remake de Goldeneye et la série Conduit, qui avouons-le, ne vaut pas le coup. Pour les jeux de combat, même constat. Alors que sur XBOX 360 et PS3 nous avons les Soul Calibur, Dead Or Alive et Tekken, sur Wii nous nous contentons de Super Smash Bros Brawl et Guilty Gear. En course, point de Blur, Forza, Gran Tourismo, Need For Speed, mais Mario Kart et Trackmania.

Quid de ces genres originaux qui ont fait la renommée de la Super Nintendo et de la Nintendo 64, comme F-Zero et Starfox ?

3 – Une irrégularité dans les sorties

Pour renouer avec un succès entier de longue durée et empêcher que la console soit rangée au fond d’un placard à peine achetée, Nintendo se devra de proposer un catalogue rythmé par des sorties régulières de jeux qui valent le coup. Soulignée par Satoru Iwata en personne, président de Nintendo, la firme n’a pas su avec la Wii proposer un calendrier riche et régulier. A contrario nous avons eu le droit à des vagues de sortie de jeux. A titre d’exemple en 2009, nous n’avions que deux licences Mario à nous mettre sous la dent. En 2010, après un E3 étonnant, Nintendo a su miser sur des valeurs sures, mais aussi en proposant des jeux nouveaux ou remis au goût du jour : Donkey Kong Country Returns, Metroid : Other M, Goldeneye, Epic Mickey.

Seulement, le fait que le catalogue de jeux de la Wii semble désert est du au fait que beaucoup d’éditeurs ont boudé la console pour plusieurs raisons : capacité de la console ne permettant pas d’accueillir leurs titres, scepticisme sur le concept, partage des données et jeu en ligne limité, incohérence entre la nature du jeu et la philosophie de la Wii.

Au final nous avons eu sur la période de 2011 et 2012 très peu de jeux capables de soutenir la console dans ses derniers mois, mis à part trois bons RPG que sont Xenoblade Chronicle, The Last Story et Pandoras Tower. Cependant ces titres sont sortis bien plus tôt en orient.

4 – Ne pas surexploiter les licences

Nintendo l’a bien compris, et notamment avec le cas de la 3DS, ce qui fait vendre ses consoles ce sont ses licences populaires. The Legend of Zelda, Mario sont des licences incontournables pour chaque génération de consoles et ce depuis l’ère 8 bits. Contribuant à la reconnaissance de la marque par tous et à son identité, Mario a su faire les bons jours de la Wii en proposant pas moins de trois épisodes, dont deux tirant sur le même concept, la Galaxie. Même si Super Mario Galaxy a poussé un peu plus loin la plate-forme traditionnelle avec un axe qui diffère du reste de la saga et de ce que fait la concurrence, Mario reste un Mario. »Astucieux, plaisant, mais pas véritablement novateur ». Surtout pour le second opus des aventures de Mario dans l’espace, qui offre comme seules nouveautés, des costumes inédits et la possibilité de monter Yoshi dans certains niveaux.

Deux sur Nintendo DS, trois sur Wii et enfin deux sur Nintendo 3DS, la licence Mario semble très prolifique depuis quelques années en proposant même en moyenne un Mario par an. Inconcevable il y a dix ans. Seulement, est-ce que la machine fait toujours autant recette ? Oui probablement aux vues des excellents chiffres de vente, faisant de Mario un incontournable que tous possesseurs de consoles Nintendo se doivent de posséder. Chaque aventure de Mario est un million-seller. Cependant les dernières aventures de Mario semblent être un condensé d’idées parfois réchauffées. Il faut se rendre à l’évidence, Mario ne rime plus avec révolution de gameplay, mais évolution de la franchise.

The Legend Of Zelda n’est pas en reste, après avoir proposé deux épisodes sur Nintendo 64 et Gamecube, Link apparaît comme un peu paresseux sur Wii avec une réédition et une aventure, certes bien menée, mais pas aussi tonitruante que ses ainées. Heureusement, la légende de Zelda, n’est pas à ce jour surexploitée, mais il n’y a qu’un pas.

Enfin Metroid, la troisième pièce du puzzle, a démontré avec force son grand retour sur Gamecube avec le travail titanesque de Retro Studio et son Metroid Prime. Aventure singulière reprenant les poncifs de la saga, mais innovante sur le plan du gameplay. La Wii n’est pas en reste avec l’épisode clôturant la saga des Primes (Metroid Prime 3 : Corruption) et Metroid : Other M, projet plus ambitieux bien que réalisé par la Team Ninja.

J’espère fortement que la Wii U ne se reposera pas sur ces principes et proposera de nouvelles licence. Pourquoi pas un retour de certaines sagas oubliées ou encore un énième Zelda, mais remaniés de fond en comble en y insérant l’audace d’un The Wind Waker ou d’un Ocarina Of Time. En espérant que Nintendo ne fasse pas dans la surenchère et ne tourne ses licences au ridicule, comme a pu le faire SEGA à une époque pas si lointaine, avec sa mascotte Sonic.

5– Un système en ligne dépassé

Alors que Sony et Microsoft redoublent d’ingéniosité pour inclure les réseaux sociaux ou les applications vidéos sur leurs plates-formes, il faut se l’avouer, Nintendo n’est vraiment pas à la pointe dans ce domaine. Nintendo se doit d’abandonner les codes-amis et se projeter dans le futur. La Wii n’a pas pu proposer des jeux, au grand dam des studios, exploitant le online.

6 – Le moteur graphique poussiéreux

C’est sur ce point que les rumeurs de la WII U vont bon train. Pour certains studios, la console possèderait des graphismes semblables à la XBOX 360 et à la PS3. Soit un retard de 7 ans technologiquement, (rappelons que la XBOX 360 est sortie en 2005). Nintendo risque donc une fois de plus de ne pas se jeter dans la course aux beaux pixels, en privilégiant une console HD, mais moins puissante que la future concurrence.

Pour d’autres studios, la console est un cran au dessus de la génération actuelle. En espérant toutefois que ce cran ne soit pas un cran d’arrêt pour la console. On le sait, aujourd’hui certaines grandes franchises du jeu vidéo vont pouvoir débarquer sur Wii U. On pense à Assassin’s Creed III, Mass Effect 3 ou encore Darksiders II. Seulement si c’est pour avoir des jeux bâclés comme l’ont été tous les portages de jeux PS3/XBOX 360 durant l’ère de la Wii, on hésitera à l’acheter. Pour ce faire une idée, avez vous déjà joué à Call Of Duty sur Wii ?

En plus de sortir 6 mois, voire 1 an en retard sur la future console de Nintendo, ces soft seront-ils massacrés par un portage douteux ? L’avenir nous le dira.

La Wii, partie dans des ventes stratosphériques dès sa sortie, a vu son chiffre de ventes peu à peu stagner au fil des ans. A contrario, la concurrence, malgré des débuts difficiles pour exister face à ce phénomène, a su mener à bien sa barque avec un rythme croissant, jusqu’à atteindre sa vitesse de croisière. Affublée du nom de Gamecube 1.5, la Wii n’a que très rarement démontré son savoir-faire. Les studios auraient du redoubler d’ingéniosité pour parfaire cette lacune technique. Car oui, de beaux graphismes ne font pas de bons jeux. Là est la nuance. Un jeu peut-être magnifiquement bien réalisé, mais avec une réalisation de level-design et de character-design ratée.

Seul l’avenir nous le dira, si Nintendo a su se remettre un peu en question. Seulement avec un tel nom, la Wii U semble marcher sur les traces de sa grande sœur en proposant des jeux qui tirent profit une nouvelle fois des technicités du hardware. A l’instar de NintendoLand, une sorte de party-game à la sauce Nintendo. Toutefois on remarque aussi la volonté de la firme de proposer des jeux jouant sur la fibre nostalgique comme Pikmin 3, à n’en pas douter, le gros blockbuster du lancement de la console.

6 Commentaires

  1. merci mais je le sais,je suis un peu comptable poue des entreprises.nintendo a beau etre fortune.les millions se perdent vite dans ce secteur.la preuve ils ont fait un deficite de 500 millions d euros.
    nintendo est peut etre une grosse fortune sur l archipel mais c est ridicule par rapport aux groupes sony et microsoft qui touchent plusieurs domaines donc si nintendo veut survivre.il faut que le groupe puisse supporter un echec (une console qui ne marche pas).

  2. Bonjour à vous.
    Tout d’abord merci pour cet article, bien rédigé et pour ces critiques sommes toutes, partagées par la plupart des fans de la marque du plombier moustachu. Les points soulevés soulignent bien les attentes des gamers que nous sommes et qui lisent ce genre d’article. Je pense et j’espere que Big N nous a réellement entendu comme les grands pontes nous l’affirment dans leurs conférences, avec une machine qui tiendra la distance dans les années à venir. Je fais confiance à Nintendo pour ce qui concerne le JEU video, avant tout un loisirs et un passe temps, une manière de passer des bons moments, fun, et ce quelquesoit le genre de jeux.

    pour repondre @Conrad, la « petite » entreprise que tu cite est une des plus grandes fortunes du japon ayant meme dépassé des groupes automobiles de l’archipel. il ne faut pas cnfondre « résultats financiers » et « finances ». Si les 1ers ont été négatif cet année (plusieurs millions de yens) il faut comprendre que les entreprises jouent aussi beaucoup au niveau comptable (amortissement R&D, couts divers, dont production, etc) et que cela permet de payer moins d’impots et de ne pas verser de divides aux actionnaires (payés sur les bénéfices) Or, Nintendo à sorti une nouvelle console (3DS) et s’apprete à en sortir une nouvelle.
    Par ailleurs les FINANCES de la sociétés sont estimées à près de 100 MILLIARD de Yens… qu’est-ce que quelques millions de pertes annuelle dans ces conditions…
    Voila pour les précisions

    et… Vive Nintendo 😉

  3. ouai,il est bien la le probleme,c est que tu comprend rien au jeu video.
    mario galaxy 2 est bien mieux que le un meme si la base est tjs la gravite ,celle ci est exploitee avec plus de matrise que le un et les soit-disant qq nouveaute changent la donne clairement.
    ensuite on peut parler de retard graphique sur console puisque celle-ci sont tjs a la masse ,de plus on peut pas comparer 2 societe ultra puissantes comme sony et microsoft(avec divers ressources) et nintendo qui est de faite la plus petite societe et que l on peut considerer commme familliale.
    de part cette difference nintendo ne peut s engager a faire une console trop couteuse car en cas d echec les consequences seront desastreuses alors qu en cas d echec d une console a plus petit budget et vendu a benef,ils peuvent amortir la chute plus facilement.donc voila le sujet de la puissance n aurait jamais eu lieu si microsoft et sony ne seraient pas entrer
    dans le jeu video (entreprises qui peuvent engager plus de moyens dans la conception de console et pouvant meme se permettre de les vendre a perte en debut de cycle).
    resultat du compte t es comme tt les journaleux,tu fais des analyses sans vraiment prendre en compte les bases de chaques entreprises et leurs caracteres economique,ce qui fait que tu rentre dans une analyse aberente et rentrant dans l eternel conclusion :faire vivre les grandes entreprises a la concurence deloyale et faire mourir la petite entreprise (nintendo est une petite entreprise au vu des autres).

    • Tout d’abord et avant toute chose, merci pour ton commentaire Conrad. Après avoir relu plusieurs fois l’article de Tryforce suite à ton commentaire, j’ai du mal à comprendre son sens.
      En effet, tu commences ce dernier par mettre en doute d’une manière generale les connaissances de Tryforce sur l’univers du jeu vidéo en arguant que tu n’es pas d’accord avec lui sur le fait que Mario Galaxy 1 est meilleur que le second opus. Il ne me semble pas que Tryforce est dit cela une seule seconde! Par contre, en effet, il pense que l’une des erreurs de Nintendo est de surexploiter les licences et notamment celle de Mario et comme il le dit, et c’est bien là le problème, Nintendo publie certes des nouveaux opus mais jamais assez novateurs pour devenir des titres incontournables et à posséder absolument!

      Ensuite, tu continues ton argumentation pour la terminer par un jugement sur les journalistes qui n’engage vraiment que toi. C’est la même chose, Tryforce n’a jamais était dire qu’il était journaliste.

      Maintenant, pour en revenir à ta réaction sur le point 6 (moteur graphique poussiéreux) de cet article, Ce que Tryforce a souhaité faire passer comme message, c’est que cela ne sert strictement à rien de faire des portages de bons et beaux jeux pour en faire quelque chose de ridicule et je dois dire que je suis complètement de son avis. Puisque clairement Nintendo seul connait ses limites aussi bien de sa console que financières, c’est à ses concepteurs d’imaginer des jeux qui seront capables d’exploiter pleinement la puissance de la console tout en proposant des concepts uniques et novateurs.

      En résumé, la Wii U ok, mais une Wii U qui sera vendue, pas parce qu’elle est moins chère qu’une Playstation ou une Xbox, mais parce qu’on y joue à des bons jeux et uniques!

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