Retro Gaming #04 : ICO

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ICO. Trois lettres qui signifient tant de choses pour toute une génération de joueurs. Si je devais définir cette aventure, je la qualifierai d’inoubliable. Plongeant dans le ressenti du joueur, le studio SCE Japan Studio a su mettre en exergue l’émotion au cœur du gameplay. Le scénario de ICO peut très bien être écrit sur un ticket de métro, mais ce qu’il en dégage tiendrait sur plusieurs tomes d’une encyclopédie. Peu d’actions qui amènent beaucoup d’émotions. C’est aussi ça le génie. Exclusivité de la Playstation 2, le jeu n’a malheureusement pas connu le succès escompté, du à un contenu trop divergeant de ce qui se faisait à l’époque.

Début de l’aventure très austère. On y voit des cavaliers amener un petit garçon affublé de cornes traverser de vastes forêts dans une gigantesque forteresse. Aucune parole, le joueur regarde démuni cette scène. Mais d’où vient-il ? pourquoi est-il prisonnier ? Qu’a-t-il fait ? Beaucoup de questions qui resteront en suspens jusqu’à la toute fin de l’aventure. Seulement une fois enfermé dans un cercueil en pierre, le jeune garçon arrive à s’y extirper en le faisant tomber sur le sol. Et c’est ainsi que l’aventure démarre. Aucune mission, aucun didacticiel, le joueur est amené à explorer les lieux sinistres.

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Et c’est en explorant une des salles proches de notre point de chute que nous rencontrons un autre personnage : Yorda. Que fait-elle là ? On en saura rien. Enfin du moins jusqu’au twist final de l’aventure. Si vous recherchez de l’action, de grands rebondissements, passez votre chemin. Ici tout n’est que contemplation. Car la véritable force du titre réside dans le lien qui unit deux êtres que finalement tout oppose. Yorda apparaît frêle et fragile, seulement sans ses pouvoirs de lumière, permettant d’ouvrir des portes spéciales, ICO ne pourrait s’échapper de cette forteresse. Les deux personnages doivent ainsi lier leurs forces pour résoudre les énigmes qui parsèment les salles du château et devront ainsi faire front pour s’échapper de cette forteresse. Cette dernière étant au final l’ennemi premier du jeu. En ne contrôlant que Ico, Yorda apparait d’avantage fragile car chaque seconde d’inattention peu être fatale.

La difficulté se révèlera parfois ardue quant il faudra protéger des ennemis, Yorda. Ennemis tous d’ombres vêtus qui n’auront qu’un seul but, kidnapper la jeune fille afin de l’emprisonner une seconde fois. Sauf qu’une fois la jeune fille prise au piège, vous mourrez instantanément en étant changé en statue de pierre. Et oui, en plus de devoir vous défendre, vous devrez protéger Yorda. Le jeu jouit d’un gameplay très simpliste, mais terriblement addictif. En effet, seuls deux armes sont à votre disposition, le bestiaire est quasiment toujours identique et le but final ne change guère dans toute l’aventure. S’échapper, retrouver la liberté. Certes, mais pour aller où ensuite? Poster sur les grandes murailles de la forteresse, l’horizon est décourageant. On y perçoit de vastes étendues d’eau, et une immense foret faisant face à l’entrée du château. Aucune âme semble y vivre. Alors pourquoi survivre ? Retrouver les siens ? Mais où sont-ils ? Finalement d’où venons nous ? Finalement qu’est ce qu’on gagnera à quitter la forteresse ?

Beaucoup de questions et finalement peu d’éléments de réponses. La force d’ICO est aussi dans le non-dit, le jeu se laisse au jeu des interprétations du joueur. En soi, on peut vivre différemment l’aventure, tant sur l’avant ICO et l’après. Le mystère reste entier sur bien des pans entier du jeu.Vous l’aurez compris, le joueur est souvent spectateur de l’action. Il constate des faits, sans que ceux-ci soient expliqués. On nous explique une tranche de vie, un acte héroïque qui apparait pourtant fragile.

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ICO est un titre à savourer, tant le soft apporte une bouffée d’air frais dans une époque où les jeux sont de plus en plus stéréotypés. Ici pas de violence, tout est en finesse. ICO offre une part importante à la rêverie, à l’onirisme. On se complait à regarder sans cesse autour de nous afin d’admirer de somptueux panoramas. Le soft opte pour un style graphique très dépouillé. On ne fait pas dans l’ostentatoire. Mais cette recherche d’une ligne épurée, offre une dimension pesante à l’atmosphère générale du titre. Le level-design tient plus d’un concours d’architecture, où les grands ponts arqués côtoient des jardins bucoliques baignés de lumières vives. Les décors revêtent tous ces petits carreaux ocres et pourtant chaque endroit est unique : le moulin à vent, la cascade, les ponts arquées…

Contrairement à un Okami qui possède une multitude de sons et de musiques, ICO ne possède que quelques sons se limitant aux gazouillis des oiseaux, le bruissement du vent dans les arbres, les cris d’ICO (le célèbre « Oumpa ») et les gémissements de Yorda. Tout cela concorde pour accentuer au mieux l’impression de solitude qui pèse sur les épaules d’Ico. La dernière fois que j’ai senti une telle solitude, oppressante, enivrante, suffocante, c’était avec Metroid Prime 3 : Corruption sur Wii, sans oublier Shadow Of The Colossus.

Or un titre si atypique peut ne pas plaire à tous ces aficionados d’actions. Car dans ICO on constate finalement peu de combats et peu de rebondissements dans son scénario. Le jeu a tellement marqué l’histoire du jeux vidéo d’une marque indélébile, qu’une partie du studio se fait maintenant surnommé Team Ico. ICO a su insuffler une aura onirique sur biens des jeux vidéos par la suite et notamment sur des projets tout aussi ambitieux que Shadow Of The Colossus. Si vous êtes passés à coté de ce monument, je vous invite à le redécouvrir en HD, exclusivement sur PS3 dans la compilation ICO et Shadow Of The Colossus Classic HD pour moins de 4O€. Un prix honnête pour deux jeux d’exceptions.

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